
L’architecture résidentielle française connaît une transformation profonde avec l’évolution des réglementations thermiques et urbaines. Face à ces défis techniques et réglementaires croissants, le rôle de l’architecte dans les projets de construction et de rénovation devient central. Que vous envisagiez une extension, une rénovation énergétique ou une construction neuve, comprendre les missions et responsabilités de ce professionnel vous permettra d’optimiser votre projet et d’éviter les écueils techniques et administratifs.
L’architecte diplômé d’État ne se contente plus de dessiner des plans ; il coordonne l’ensemble des intervenants techniques, garantit la conformité réglementaire et assure le suivi qualité de votre chantier. Cette évolution du métier répond aux exigences actuelles du secteur du bâtiment, où performance énergétique et respect des contraintes d’urbanisme constituent des enjeux majeurs.
Définition et périmètre d’intervention de l’architecte DPLG dans les projets résidentiels
L’architecte Diplômé Par Le Gouvernement (DPLG) ou diplômé d’État (DE-HMONP) représente la référence professionnelle en matière de conception architecturale. Son inscription obligatoire à l’Ordre des Architectes garantit le respect d’un code déontologique strict et la souscription d’assurances professionnelles spécifiques. Cette certification constitue un gage de sérieux et de compétence technique pour les maîtres d’ouvrage particuliers.
Le périmètre d’intervention de l’architecte s’étend bien au-delà de la simple conception esthétique. Il englobe l’analyse du site, l’étude de faisabilité technique et financière, la coordination des études techniques spécialisées, le suivi administratif et la direction de chantier. Cette approche globale permet d’optimiser les coûts de construction tout en garantissant la qualité architecturale et technique du projet.
Distinction entre architecte diplômé d’état et maître d’œuvre en bâtiment
La différence fondamentale entre un architecte DPLG et un maître d’œuvre réside dans la formation initiale et les responsabilités assumées. L’architecte bénéficie d’une formation universitaire de cinq années minimum, complétée par une habilitation à exercer la maîtrise d’œuvre en nom propre (HMONP). Cette formation approfondie couvre les aspects créatifs, techniques, réglementaires et de gestion de projet.
Le maître d’œuvre, quant à lui, peut exercer sans diplôme spécifique obligatoire, bien que de nombreux professionnels possèdent des formations techniques solides. Ses missions se concentrent principalement sur la coordination et le suivi de chantier, sans dimension conceptuelle architecturale. Cette distinction impacte directement le niveau de service et les garanties offertes aux maîtres d’ouvrage.
Seuils réglementaires de recours obligatoire selon l’article R431-2 du code de l’urbanisme
Depuis le 1er mars 2017, l’article R431-2 du Code de l’urbanisme impose le recours obligatoire à un architecte pour toute construction dont la surface de plancher dépasse 150 m². Ce seuil, abaissé depuis les 170 m² antérieurs, vise à généraliser l’intervention d’un professionnel qualifié dans les projets résidentiels d’envergure.
Cette obligation concerne également les projets d’extension portant la surface totale de l’habitation au-delà de ce seuil. Les travaux en secteur protégé (périmètre des Monuments
historiques, sites patrimoniaux remarquables, abords de sites classés) renforcent également les exigences : même pour une surface inférieure à 150 m², le recours à un architecte est souvent requis dès lors que l’aspect extérieur du bâti est modifié. En pratique, il est donc indispensable de vérifier en amont avec le service urbanisme ou un architecte si votre projet de maison individuelle ou d’extension entre dans ce champ d’obligation.
À noter que ces seuils réglementaires ne doivent pas être perçus comme une simple contrainte administrative. Ils constituent surtout une protection pour le particulier, en l’obligeant à s’entourer d’un professionnel compétent dès que les enjeux techniques, financiers et réglementaires deviennent significatifs. En deçà de 150 m², faire appel à un architecte reste fortement recommandé pour sécuriser un projet de rénovation lourde, de surélévation ou de redistribution structurelle.
Compétences techniques spécifiques en conception architecturale et coordination de chantier
Au-delà de la réglementation, la valeur ajoutée de l’architecte réside dans son expertise transversale. Il maîtrise la conception architecturale (volumétrie, lumière naturelle, orientation bioclimatique), mais aussi la technicité du bâti : structure, enveloppe thermique, acoustique, choix des matériaux et systèmes constructifs. Cette double compétence créative et technique permet d’optimiser chaque mètre carré de votre maison tout en limitant les ponts thermiques et les pathologies futures.
En phase travaux, l’architecte assume un véritable rôle de chef d’orchestre. Il coordonne les différentes entreprises (maçonnerie, charpente, couverture, menuiseries, électricité, plomberie, chauffage, finitions) afin de garantir la bonne séquence des interventions et le respect du cahier des charges. Comme un chef d’orchestre qui harmonise chaque instrument, il veille à la cohérence globale du chantier, anticipe les conflits d’intervention et arbitre les choix techniques lorsque des imprévus apparaissent.
Pour vous, particulier, cette coordination de chantier se traduit par un suivi régulier, des comptes rendus clairs et des validations à chaque étape clé. Vous disposez d’un interlocuteur unique capable de dialoguer aussi bien avec le bureau d’études structure qu’avec le carreleur ou le menuisier. Cette centralisation de l’information limite les malentendus, les retards et les surcoûts imprévus, fréquents lorsque chacun travaille en silo sans vision globale.
Responsabilités décennales et garanties professionnelles RC pro architecte
L’architecte engage sa responsabilité sur la durée, ce qui constitue une sécurité supplémentaire pour votre projet de maison. En France, il est légalement tenu de souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle (RC Pro architecte) ainsi qu’une assurance décennale couvrant les dommages graves pouvant affecter la solidité de l’ouvrage ou le rendre impropre à sa destination pendant dix ans après la réception des travaux. Cette obligation est contrôlée par l’Ordre des Architectes.
Concrètement, cela signifie que si un défaut de conception architecturale ou un manquement dans la direction de l’exécution des travaux entraîne un sinistre (fissures structurelles, infiltrations majeures, affaissement, défaut d’étanchéité généralisé, etc.), l’assurance de l’architecte peut être mobilisée. Cette garantie vient en complément de la garantie décennale des entreprises, ce qui renforce la couverture globale de votre chantier. Vous ne vous retrouvez pas seul face à des désordres techniques complexes à analyser.
En parallèle, la RC Pro architecte couvre les préjudices pouvant résulter d’erreurs, d’omissions ou de retards dans l’exercice de sa mission (erreur dans un dossier de permis de construire, mauvaise coordination engendrant un surcoût, etc.). Là encore, cette profession réglementée offre un cadre protecteur que n’assurent pas toujours des intervenants non inscrits à l’Ordre. Avant de signer un contrat, il est donc essentiel de demander l’attestation d’assurance en cours de validité pour l’ensemble des missions confiées.
Phases techniques d’intervention de l’architecte selon la loi MOP
Bien que la loi MOP (Maîtrise d’Ouvrage Publique) s’applique initialement aux marchés publics, elle sert de référence méthodologique pour structurer les missions des architectes dans la maison individuelle. Elle découpe le projet en plusieurs phases successives (ESQ, APS, APD, PRO, DCE, DET, AOR) qui permettent d’avancer de façon progressive, sécurisée et lisible pour le client. Pour un particulier, comprendre ces étapes aide à savoir ce que l’on achète réellement lorsque l’on signe une « mission complète ».
Chaque phase a un objectif précis : vérifier la faisabilité, affiner le projet, figer les choix techniques, consulter les entreprises puis piloter la réalisation. On pourrait comparer ce processus à la construction d’un bâtiment en Lego : on commence par imaginer la forme générale, puis on détaille brique par brique avant d’assembler avec méthode. En respectant cette chronologie, vous évitez les décisions hâtives, les modifications tardives coûteuses et les incompréhensions avec les artisans.
Mission d’esquisse et études de faisabilité architecturale APS
La première phase, dite d’esquisse (souvent complétée par l’APS – Avant-Projet Sommaire), consiste à traduire vos besoins en volumes, en surfaces et en organisation spatiale. L’architecte analyse votre terrain (orientation, pente, vues, voisinage, règles du PLU), votre budget et vos contraintes de vie pour proposer plusieurs pistes de conception. Vous recevez alors des plans de principe, parfois des croquis 3D ou des maquettes numériques, accompagnés d’une première estimation financière.
Cette étude de faisabilité architecturale permet de répondre à des questions fondamentales : la maison ou l’extension souhaitée est-elle réalisable au regard du PLU et de votre budget ? Quel gabarit de construction est envisageable (plain-pied, étage, combles aménagés, surélévation) ? Comment optimiser l’orientation pour réduire les besoins de chauffage et de climatisation ? C’est à cette étape que l’on évite les impasses techniques et les projets irréalistes qui ne passeraient pas le cap du permis de construire ou exploseraient le budget initial.
Pour vos travaux de maison, cette mission d’esquisse est souvent l’investissement le plus rentable : elle structure votre réflexion, met noir sur blanc un programme clair et fixe un cadre chiffré. Vous pouvez ensuite décider de poursuivre avec le même architecte jusqu’au suivi de chantier, ou de limiter son intervention à la conception si vous souhaitez gérer vous-même l’exécution (option plus risquée, mais parfois choisie pour des budgets serrés).
Avant-projet définitif APD et dimensionnement structural
Une fois l’orientation générale validée en APS, l’architecte entre dans la phase d’Avant-Projet Définitif (APD). Ici, le projet est affiné dans ses moindres détails : plans à l’échelle précise, coupes, façades, choix des matériaux, principes structurels (murs porteurs, poutres, dalles, charpente), intégration des réseaux (électricité, plomberie, chauffage) dans les volumes. L’enveloppe budgétaire est réactualisée de manière plus fine, lot par lot.
Le dimensionnement structural, réalisé directement par l’architecte ou en lien avec un ingénieur structure, garantit la stabilité de l’ouvrage : sections de poutres en béton armé, choix des portiques bois ou acier, ancrage des fondations, renforts nécessaires en cas d’ouverture de murs porteurs ou de surélévation. C’est une étape clé pour les projets de rénovation lourde de maison, où l’on touche à la structure existante. Sans ces calculs, les risques de fissurations, d’affaissements ou de non-conformité réglementaire augmentent fortement.
Parallèlement, l’architecte prépare à ce stade la plupart des pièces nécessaires au dépôt du permis de construire ou de la déclaration préalable : plans, coupes, façades, insertion paysagère, notice descriptive, calculs de surface de plancher. Vous disposez alors d’un dossier cohérent, techniquement argumenté et conforme au Code de l’urbanisme, maximisant les chances d’obtention de l’autorisation dans les délais.
Dossier de consultation des entreprises DCE et cahier des charges techniques
Une fois l’APD validé et les autorisations d’urbanisme obtenues, l’architecte passe à la phase PRO/DCE (Projet et Dossier de Consultation des Entreprises). Il s’agit ici de traduire le projet architectural en un ensemble de pièces techniques précises permettant aux entreprises du bâtiment de chiffrer correctement leurs travaux : plans détaillés, coupes techniques, schémas d’implantation, mais aussi descriptifs par lot et quantitatifs estimatifs.
Le cœur de ce DCE est le cahier des charges techniques, encore appelé CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières). Ce document décrit, lot par lot (gros œuvre, charpente, couverture, menuiseries extérieures, isolation, cloisons, sols, peintures, électricité, plomberie, chauffage, ventilation…), les matériaux attendus, les performances minimales (par exemple, résistance thermique des isolants, classe énergétique des menuiseries) et les règles de mise en œuvre. Plus ce cahier des charges est précis, moins il y a de place pour l’interprétation ou les « économies cachées » sur la qualité.
À partir de ce DCE, l’architecte vous assiste pour consulter plusieurs entreprises, analyser leurs devis et comparer les offres à prestations équivalentes. Vous évitez ainsi de choisir uniquement sur le prix global, sans voir les différences de qualité de matériaux ou de prestations incluses. Dans la plupart des projets résidentiels, cette étape permet déjà de sécuriser plusieurs dizaines de pourcents du budget en évitant les mauvaises surprises et en arbitrant en connaissance de cause.
Direction de l’exécution des travaux DET et suivi de chantier
La phase de Direction de l’Exécution des Travaux (DET) correspond au suivi opérationnel du chantier. L’architecte organise des réunions régulières avec les entreprises, contrôle l’avancement des travaux, vérifie la conformité des réalisations par rapport aux plans et au cahier des charges, et rédige des comptes rendus détaillés. Il valide également les situations de travaux (demandes de paiement des entreprises) avant que vous ne procédiez aux règlements.
Pour vos travaux de maison, cette mission est cruciale : elle évite que des modifications non validées ne soient réalisées, que des matériaux de substitution moins performants ne soient posés ou que des erreurs de mise en œuvre (pente de toiture, étanchéité, isolation, réservations techniques) ne restent invisibles jusqu’à la fin du chantier. L’architecte arbitre aussi les conflits de planning entre corps d’état et propose des solutions techniques lorsque des imprévus surgissent (découverte d’un mur fragile, réseaux enterrés non repérés, etc.).
La mission DET se conclut par l’Assistance aux Opérations de Réception (AOR) : l’architecte vous accompagne lors de la visite de réception, vous aide à formuler des réserves si nécessaire et organise la levée de ces réserves. C’est à partir de cette date que courent les garanties légales (parfait achèvement, biennale, décennale). En disposant d’un regard professionnel au moment de la réception, vous limitez fortement le risque de vice apparent non signalé, qui pourrait être plus difficile à faire corriger ensuite.
Coordination technique avec les bureaux d’études spécialisés BET
La complexification des réglementations techniques et énergétiques rend aujourd’hui indispensable le travail en équipe autour de l’architecte. Sur un projet de maison neuve ou de rénovation lourde, il s’appuie sur plusieurs BET (bureaux d’études techniques) spécialisés : structure, fluides, thermique, acoustique, parfois géotechnique. L’architecte devient alors le pivot qui synthétise l’ensemble des contraintes pour les intégrer dans une architecture cohérente et confortable à vivre.
Sans cette coordination, chaque spécialiste pourrait optimiser son domaine sans vision globale : structure surdimensionnée, réseaux difficiles à entretenir, gaines envahissantes, ponts thermiques, etc. En centralisant les échanges, l’architecte veille à ce que les choix techniques restent au service de la qualité d’usage de votre maison : circulation fluide, lumière naturelle abondante, confort thermique, simplicité d’entretien. C’est cette synthèse qui fait la différence entre un simple assemblage de solutions techniques et un véritable projet architectural performant.
Interface avec l’ingénieur structure pour le calcul béton armé et charpente
Le bureau d’études structure (ou ingénieur structure) intervient pour dimensionner les éléments porteurs : fondations, radiers, poutres, poteaux, dalles, charpentes bois ou métal. L’architecte lui fournit les plans d’APD et les intentions architecturales (portées, grandes ouvertures vitrées, volumes en porte-à-faux, suppression de murs porteurs en rénovation, etc.). L’ingénieur structure propose ensuite des solutions techniques chiffrées et conformes aux normes (Eurocodes, règles parasismiques, etc.).
L’interface architecte–ingénieur est particulièrement importante dans les projets de rénovation de maison et de surélévation, où l’on vient solliciter une structure existante parfois ancienne ou méconnue. Par exemple, l’ouverture d’un grand passage dans un mur porteur en pierre nécessite le calcul d’un linteau ou d’une poutre métallique, dont les appuis devront être intégrés dans la maçonnerie existante. L’architecte veille alors à ce que ces renforts restent compatibles avec le projet architectural (hauteur libre souhaitée, intégration dans les finitions, absence de poteaux gênants dans les pièces de vie).
En maison neuve, cette interface permet d’optimiser le rapport coût/performance de la structure : réduire les surépaisseurs inutiles, adapter les portées, choisir une charpente industrielle ou traditionnelle selon les besoins d’aménagement futur (combles aménageables, grenier technique, etc.). À la clé, un projet techniquement fiable, mais aussi plus économique et plus flexible dans le temps.
Collaboration avec le bureau d’études fluides pour CVC et plomberie sanitaire
Le bureau d’études fluides (CVC – Chauffage, Ventilation, Climatisation – et plomberie sanitaire) dimensionne les réseaux et équipements liés au confort domestique : chauffage, production d’eau chaude, ventilation simple ou double flux, climatisation éventuelle, réseaux d’eau froide et chaude, évacuations, etc. L’architecte lui fournit les plans détaillés et les contraintes architecturales (faux-plafonds, gaines techniques, locaux techniques, toitures disponibles pour panneaux solaires).
L’objectif de cette collaboration est double : garantir la conformité aux réglementations (notamment en ventilation et évacuations) et optimiser le confort d’usage. Par exemple, où placer le ballon d’eau chaude pour limiter les longueurs de réseaux ? Comment intégrer discrètement une VMC double flux et ses gaines, sans perdre de hauteur sous plafond ? Quel système de chauffage choisir pour concilier performance énergétique, investissement initial et facilité d’entretien ? L’architecte aide à arbitrer ces choix techniques en fonction de votre mode de vie et de votre budget.
Une bonne coordination architecte–BET fluides évite également les mauvaises surprises en fin de chantier : radiateurs mal positionnés, bouches de soufflage inesthétiques, évacuations visibles, unités extérieures de pompe à chaleur mal intégrées en façade. En anticipant dès la conception l’emplacement des gaines et des appareillages, on limite les reprises de travaux et les surcoûts.
Synthèse architecturale des contraintes thermiques RT 2020 et BBC effinergie
Avec l’entrée en vigueur de la RE 2020 (qui succède à la RT 2012) et la généralisation des labels de type BBC Effinergie, la performance énergétique des maisons neuves et rénovées constitue un enjeu central. Le bureau d’études thermiques réalise les calculs réglementaires (Bbio, CEP, DH, bilan carbone des matériaux, etc.) et propose un bouquet de solutions techniques : épaisseur et nature des isolants, types de vitrages, systèmes de chauffage et de ventilation, protections solaires, etc.
L’architecte, de son côté, porte la synthèse architecturale de ces contraintes. Il joue avec l’implantation, l’orientation, les débords de toitures, les brise-soleil, la compacité des volumes pour limiter les besoins énergétiques en amont, avant même de recourir à des systèmes techniques complexes. C’est un peu comme concevoir un vêtement parfaitement coupé avant de choisir la meilleure matière : la forme de la maison compte autant que son « isolant » pour atteindre un haut niveau de performance.
Dans un projet de rénovation énergétique, cette synthèse est tout aussi importante. Faut-il isoler par l’intérieur ou par l’extérieur ? Comment traiter les ponts thermiques au niveau des planchers intermédiaires ou des tableaux de fenêtres ? Quelles menuiseries choisir pour concilier confort d’hiver, confort d’été et budget ? L’architecte, en collaboration avec le BET thermique, vous aide à hiérarchiser les travaux les plus rentables et à éviter des erreurs de séquencement (par exemple, changer les fenêtres avant de traiter correctement l’isolation globale).
Gestion administrative et réglementaire des autorisations d’urbanisme
Au-delà de la technique, l’architecte prend en charge la dimension administrative de votre projet de maison. Il constitue et dépose les dossiers d’autorisations d’urbanisme : déclaration préalable pour certains travaux (modification de façades, petites extensions, ouvertures), permis de construire pour les constructions neuves ou les extensions plus importantes, voire permis modificatifs en cours de chantier. Il s’assure de la conformité des plans et pièces écrites avec le Code de l’urbanisme et le PLU (Plan Local d’Urbanisme) de votre commune.
Cette gestion administrative inclut l’analyse fine des règles locales : emprise au sol maximale, hauteur autorisée, prospects, gabarits, matériaux imposés, stationnement, espaces verts, contraintes en site patrimonial ou secteur ABF (Architecte des Bâtiments de France). Autant de paramètres qui peuvent bouleverser un projet mal anticipé. En travaillant avec un architecte, vous réduisez fortement le risque de refus de permis ou de demandes de pièces complémentaires qui allongent les délais de plusieurs mois.
En pratique, l’architecte prépare l’ensemble des pièces graphiques (plans, coupes, façades, insertion dans le site, volet paysager) et la notice descriptive exigée par l’administration. Il peut également, si vous le souhaitez, dialoguer avec le service urbanisme et répondre aux éventuelles observations durant l’instruction. Pour vous, c’est un gain de temps et de sérénité considérable : vous n’avez pas à décoder seul un vocabulaire juridique parfois complexe ni à craindre d’avoir omis un document essentiel.
Méthodologie de sélection d’un architecte pour travaux de rénovation ou construction neuve
Choisir le bon architecte pour vos travaux de maison est une étape déterminante. Au-delà du style architectural, il s’agit de trouver un professionnel avec qui vous pourrez instaurer une relation de confiance et un dialogue constructif sur la durée du projet. Comment procéder concrètement ? La première étape consiste à clarifier vos besoins : rénovation légère ou lourde, extension, surélévation, construction neuve, budget global, délais souhaités, niveau d’implication personnelle dans le suivi de chantier.
Une fois ce cadre posé, vous pouvez identifier des architectes via l’Ordre des Architectes, les annuaires professionnels ou le bouche-à-oreille. Il est recommandé de rencontrer au moins deux ou trois agences afin de comparer les approches, les références et le « feeling ». Lors de ces premiers rendez-vous (souvent appelés visites conseils), exposez vos attentes, votre budget cible et posez des questions sur la méthodologie de travail, les délais habituels, l’expérience dans des projets similaires au vôtre (rénovation de maison ancienne, extension en bois, maison contemporaine, etc.).
Pour objectiver votre choix, vous pouvez demander à voir des exemples de réalisations, des photos avant/après, voire visiter un chantier en cours ou une maison livrée avec l’accord des clients. Intéressez-vous aussi à la proximité géographique : un architecte proche du site pourra assurer des visites de chantier plus fréquentes et réactives. Enfin, comparez les propositions de contrat : périmètre de mission (simple conception ou mission complète), niveau de détail des prestations, mode de rémunération (forfait ou pourcentage), calendrier prévisionnel. L’architecte le moins cher n’est pas toujours celui qui vous fera économiser au final.
Un bon indicateur est la qualité de l’écoute et la capacité de l’architecte à reformuler vos attentes, à vous alerter sur les contraintes et à proposer des pistes alternatives. Un architecte qui vous explique clairement les points de vigilance (structure existante, budget serré, règles d’urbanisme complexes) et qui n’hésite pas à poser des limites réalistes vous rend généralement un meilleur service qu’un discours trop rassurant ou flou. N’hésitez pas à vérifier également ses assurances et son inscription à l’Ordre avant signature définitive.
Tarification des honoraires d’architecte selon les barèmes UNSFA et modalités contractuelles
La question du coût de l’architecte revient souvent lorsque l’on prépare des travaux de maison. Les honoraires sont libres, mais l’UNSFA (Union Nationale des Syndicats Français d’Architectes) publie des barèmes indicatifs qui donnent des ordres de grandeur en fonction de la complexité du projet et du montant des travaux. En maison individuelle, pour une mission complète (de l’esquisse à la réception), les honoraires se situent généralement entre 8 % et 15 % du montant HT des travaux, avec des variations selon la taille du projet et son niveau de difficulté.
Deux grands modes de rémunération coexistent : le forfait et le pourcentage. Le forfait est intéressant lorsque le programme est bien défini dès le départ (surface, nombre de pièces, niveau de finition) et qu’il y a peu d’incertitudes ; il vous permet de maîtriser plus facilement votre budget. Le pourcentage, lui, évolue avec le montant des travaux : il est souvent utilisé pour des projets dont l’ampleur peut varier au fil des études (rénovation de maison ancienne, découverte de contraintes structurelles, ajustement du programme). Dans tous les cas, le contrat doit préciser clairement ce que couvrent ces honoraires : quelles phases de mission, quels livrables, combien de réunions de chantier, etc.
Pour limiter les risques de dépassement de budget, il est possible de phaser la mission : d’abord une mission d’esquisse et d’APS pour valider la faisabilité et affiner le coût global, puis une extension de mission vers l’APD, le permis de construire, le DCE et enfin la DET si le projet est confirmé. Cette progression par étapes vous permet de réévaluer votre engagement à chaque jalon, sans vous lier d’emblée sur l’intégralité du processus. Certains particuliers choisissent également de confier uniquement la conception à l’architecte puis de gérer eux-mêmes les travaux, mais cette option doit être envisagée avec prudence car elle transfère sur vous la responsabilité de coordination et de contrôle.
Enfin, gardez en tête que des honoraires d’architecte bien investis peuvent générer des économies substantielles sur l’ensemble du projet : optimisation des surfaces (moins de m² mais mieux conçus), choix de matériaux durables, réduction des erreurs de chantier, meilleure performance énergétique, valorisation patrimoniale en cas de revente. En d’autres termes, l’architecte n’est pas un simple coût additionnel ; il est souvent le garant du bon usage de votre budget travaux sur le long terme.